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Contre la pollution plastique : du nettoyage de rue au traité international

Dernière mise à jour : 21 nov. 2023


C’est la semaine Européenne de la réduction des déchets ! À l’occasion de cette édition 2023, c’est le thème de l’emballage qui a été choisi. Coordonnée en France par l’ADEME, la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets (SERD) est un temps fort de mobilisation pour mettre en lumière et essaimer les bonnes pratiques de production et de consommation qui vont dans le sens de la prévention des déchets. Des milliers d’associations à travers l’Europe vont profiter de ces neuf jours pour sensibiliser la population à la réduction des déchets et réaliser des actions sur le terrain.


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De l’association écocitoyenne du bassin de Marennes “Les insurgés des déchets” qui ramassent, trient et revalorisent les déchets sur leur territoire, à la campagne nationale de sensibilisation du collectif On est prêt, les acteurs et actrices du changement ne manquent pas d’idées et d’énergie pour nettoyer notre planète et créer de nouvelles dynamiques pour un monde durable.


Dans le même temps, du 13 au 19 novembre 2023, 175 pays se sont retrouvés à Nairobi au Kenya pour trouver un terrain d’entente afin d’élaborer le Traité international contre la pollution plastique, qui deviendra juridiquement contraignant d’ici fin 2024.


Du nettoyage de rue au traité international, cet article fait le tour des actions positives en faveur de la réduction des déchets et notamment du plastique.




faites des dons ! merci



Les insurgés des déchets, une association qui lutte contre les déchets sauvages et la pollution plastique


Tout d’abord, petite piqûre de rappel : un déchet sauvage est un déchet apporté ou déposé clandestinement par des particuliers ou des entreprises dans un endroit non prévu à cet effet.


Sont considérés comme déchets sauvages :

  • Les déchets jetés par les fenêtres,

  • Les déchets laissés aux bords de routes, dans la rue ou dans des espaces naturels.

Les conséquences des déchets sauvages sur l’environnement sont diverses :

  • Ils dégradent les sites naturels et les paysages,

  • Ils entraînent un risque de pollution des cours d’eau et des nappes souterraines,

  • Ils peuvent également polluer l’air,

  • Ils représentent 5% des départs de feu,

  • Ils sont un risque pour la santé humaine,

  • Ils sont un risque pour la faune (ingestion, pièges).


La naissance des Insurgés des déchets


C’est en se promenant dans un magnifique espace naturel dans les marais de Marennes-Oléron, malheureusement fortement dégradé par des déchets sauvages, que Delphine Basset a décidé d’agir. En février 2021, elle lance un grand appel pour un nettoyage citoyen de cet espace : réseaux sociaux, municipalité, proches, tout le monde est convié à venir ramasser les déchets trouvés dans le fossé du marais.


“Tristesse, indignation, colère, j’étais effarée de cette pollution. Je suis allée tout de suite en mairie faire une déclaration et je me suis donnée 4 jours pour trouver des gens avec qui ramasser tout ça. Je ne connaissais personne, mais j’ai remué ciel et terre. Au bout de 4 jours, on s’est retrouvés à 13 personnes et on a ramassé, avec l’aide de la mairie, plus d’un mètre cube de déchets. On s’est tellement bien entendus avec ces 13 inconnus, qu’on a décidé de créer un collectif, qui a fini par devenir une véritable association.”

Extrait de notre interview de Delphine Basset, présidente et fondatrice de l’association Les Insurgés des déchets



bénévoles les insurgés des déchets
Crédit photo : Les insurgés des déchets


Les actions des Insurgés des déchets


Aujourd’hui, Les insurgés des déchets comptent 70 adhérents et plus de 1400 bénévoles ayant participé à des actions depuis 3 ans. L’association ne s’arrête pas au ramassage. Elle organise des campagnes de sensibilisation dans les écoles, les lycées et les entreprises.


Les insurgés nettoient surtout le bassin de Marennes-Oléron, mais ne s’arrêtent pas à leur région. Ils répondent régulièrement à des appels « des copains » des régions alentours et prêtent mains fortes aux bénévoles des associations Nettoie Ton km 33 ou Océan Protection, par exemple.


Retrouvez l’interview de Delphine Basset en vidéo sur l’Instagram de Divergence Fertile !


interview insurgés des dechets


Une campagne nationale contre la pollution plastique : On est prêt lance #sickofplastic


On entend souvent parler dans les médias de la présence de perturbateurs endocriniens dans nos organismes. Si l’on sait qu’ils existent, il est en revanche plus compliqué d’imaginer la quantité de ces substances présentes dans nos corps.

Pour prouver leur existence et tenter de la quantifier, On est prêt a donc eu une idée : demander à 19 personnalités de participer à un test de contamination à 12 polluants.

Cette action leur a été inspirée par l’équipe du député Nicolas Thierry, qui avait mené un test de contamination aux PFAS, sujet cousin des plastifiants (bisphénols, phtalates…).


Pour réaliser ce test, les personnalités ont donné un petit échantillon de leurs cheveux. Sans surprise, TOUS·TES sont contaminé·e·s par plusieurs perturbateurs endocriniens présents dans le plastique. Pourtant, ce sont tous et toutes des personnes engagées et écoresponsables.


Cette campagne de sensibilisation a été diffusée massivement sur les réseaux sociaux, et a créé une prise de conscience : On a beau faire très attention à notre santé en mangeant bio, ces perturbateurs endocriniens sont tellement présents dans notre environnement, et notamment dans les emballages plastiques, les voitures, les cosmétiques ou encore les jouets pour enfants, qu’il est impossible de les éviter complètement.


Notre corps, à l’image de notre nature, devient la décharge de ces polluants.


contre la pollution plastique océan


À la suite de cette sensibilisation, On Est Prêt a orienté toutes les personnes sensibilisés à mener plusieurs actions ciblées pour lutter contre la pollution plastique à l’échelle internationale :

  • Une action d’interpellation des parlementaires pour la PPWR : la nouvelle loi européenne sur l’emballage.

  • Une pétition à signer pour demander un traité ambitieux avec des mesures de réduction de la production, de la consommation et de la toxicité du plastique, en rapport avec le INC 3 à Nairobi, 3ème volet de négociations organisées par l'ONU dans le but de créer un traité international contre la pollution plastique.


PPWR : la nouvelle loi européenne sur l’emballage


La commission européenne estime que chaque année, chaque Européen génère près de 180 kg de déchets d’emballages. Si la tendance se poursuivait sans action spécifique, il est également estimé que l’Union Européenne connaîtrait une augmentation supplémentaire de 19% des déchets d’emballages d’ici à 2030 – et jusqu’à 46% pour les déchets d’emballages en plastique.


Face à ces chiffres alarmants et à l’urgence écologique à laquelle nous faisons face, l’UE a décidé de réagir en luttant notamment contre les déchets d’emballages. Malheureusement, c’était sans compter le lobbying féroce de l’industrie du plastique.

Le PPWR, soit le Proposal Packaging and Packaging Waste, est une loi qui vise à réguler l’emballage au niveau européen, et à tendre vers une meilleure gestion des déchets d’emballage dans toute la zone. Elle concerne l’emballage des produits dans :

  • les domaines de la nourriture à emporter,

  • des points de vente physiques

  • et du e-commerce.

Grâce à une grande mobilisation d’interpellation des eurodéputés en octobre, deux amendements cruciaux, défendus par les associations et les ONG ont été sauvés. Mais le texte est loin d’être à la hauteur des enjeux. En effet, l’emballage alimentaire en contact direct avec des denrées alimentaires n’est pas concerné par cette réglementation environnementale. Pourtant, nous savons les désastres que ces emballages causent pour notre santé et notre planète.


Au-délà du plastique, les ONG est associations pour le climat demandent à ce que TOUS les emballages à usage unique soient concernés, cartons compris donc.


Le texte final du règlement est débattu ce mardi 21 novembre 2023, et est voté dans la foulée, le 22 novembre 2023. C’est la dernière étape avant l’adoption.


Ce règlement peut réellement nous aider à sortir de la culture du “tout jetable”. Espérons seulement que les députés européens seront à la hauteur des enjeux de notre siècle.



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Un traité mondial sur les plastiques en négociation à Nairobi


Du 13 au 20 novembre s’est tenu à Nairobi (Kenya) l’INC 3 (Comité international de négociations), le 3ᵉ volet de négociations organisées par l'ONU dans le but de créer un traité international contre la pollution plastique.

L’INC-3, se déroule à Nairobi où siège le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). Elle fait suite à deux cycles de négociations précédents : l’INC-1, qui a eu lieu à Punta del Este, en Uruguay, en novembre 2022, et l’INC-2, qui s’est tenu à Paris en juin dernier. Deux autres sessions INC sont prévues pour 2024.

Ouvrant les travaux, le président kenyan, William Ruto a déclaré :


« Pour lutter contre la pollution plastique, l’humanité doit changer. Nous devons changer notre façon de consommer, notre façon de produire et notre façon d’éliminer nos déchets. C’est la réalité de notre monde. Le changement est inévitable. Ce traité, cet instrument sur lequel nous travaillons, est le premier domino de ce changement. Ramenons-le à la maison. Que le changement commence ».


La pollution plastique est « une menace existentielle pour la vie, l'humanité », a déclaré William Ruto, le président du Kenya. Elle « continue d'inonder nos océans, de nuire à la faune et de s'infiltrer dans nos écosystèmes. Cela constitue une menace directe pour notre environnement, la santé humaine et l'équilibre délicat de notre planète », a alerté Gustavo Meza-Cuadra Velasquez, représentant du Pérou.


Les enjeux sont énormes. Le traité est un défi immense, mais pas insurmontable. De nombreuses ONG de défense de l’environnement sont sur le coup, mais font face à un lobbying opposé puissant.

Les négociations doivent se poursuivre en avril 2024 au Canada pour se conclure en Corée du Sud à la fin de l’année 2024.



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